Son émotion...

Samplé "Délivre-nous" 1m41s

Avec
le DVD "Le Prince d'Egypte", nous avons accès à un
moment très privilégié où l'on raconte le making-of
de la chanson "Délivre-nous". Ofra nous confie son émoi
et son émotion, après avoir relevé le défi. Mais
une chose est sûre, Steven Spielberg ne s'est pas trompé en demandant
à Ofra de chanter pour son film animé.
Ofra confirme à quel point elle-même est sensible à cette
chanson, et à quel point l'émotion passe au travers de cette
chanson. Elle a si bien réussi à faire passer la tristesse du
départ lorsque qu'elle se sépare de Moïse. D'ailleurs,
il est une petite annecdote à ce sujet. Lors des séances d'enregistrement,
il manquait tout de même une légère intensité pour
décrire la déchirance qu'éprouve la mère de Moïse,
sur le point de confier son fils au fleuve.
On remet alors à Ofra une poupée nourisson, qu'Ofra serre fort
dans ses bras, et là, c'est l'éblouissement total. Tout le monde
attrape la chair de poule, Ofra se dépasse et sa voix transmet exactement
le sentiment souhaité. C'est un moment puissant, rarissime, que dire,
exceptionnel. Ce n'est plus une voix qu'Ofra possède, c'est un don
unique et inestimable!
C'est une magie que de pouvoir exprimer plusieurs émotions dans un passage, tout en chantant (et bien sûr, dans 17 langues).
Ci-dessous sont des merveilles qui nous montrent l'investissement d'Ofra quant
à son rôle, pesant, quand bien même court.
Petite interview d'Ofra à propos du Prince d'Egypte
The Jewish Journal of greater Los Angeles (3 mars 2000, 26 Adar I 5760)
Par Eric Silver, correspondant au Moyen Orient
"J'ai interviewé Ofra il y a un an à sa maison de Herzliya,
au nord de Tel-Aviv. Elle était assise dans le long et étroit
salon, tout en écoutant la bande originale de la lamentation de Yocheved.,
la mère de Moïse, qu'elle chante alors qu'elle laisse l'enfant
au fleuve (...)
Le volume au maximum, dans son fauteuil confortable à côté
d'une demi douzaine de disques d'or, Ofra, petite, sombre et fine comme une
feuille, ferme ses yeux et se laisse voguer au loin...(...)
J'en ai le frisson, dit-elle. (...) Wow, je suis prise dans l'histoire, je
tremble, je sue, je suis triste. La première fois que j'ai vu le Prince
d'Egypte, j'ai pleuré. On oublie que c'est un dessin-animé.
Quand
Yocheved remet Moïse au fleuve, il y a de la peur dans son coeur, c'est
si réel. Et en écoutant la chanson, elle transmet quelque chose
d'incroyable, dont je ne peux me prévenir. Je peux l'écouter
des milliers de fois, et chaque fois j'en ressens le pouvoir, de la chanson.
Sorti de la bouche d'un autre artiste, cela aurait été considéré
comme pas tout à fait réel. De la bouche d'Ofra, cela nous semble
parfaitement vrai. Quand bien même elle a touché les sommets
avec 5 albums internationaux, et son concours à l'Eurovision, et son
Grammy, il y avait toujours quelque chose de naturel et d'innocent en elle
(...).
Ofra se réjouissait de ce succès, mais cette joie tient plus
de la surprise que de la vanité. Elle remerciait Dieu (...)
Tout le temps dit-elle, je vois l'éducation de mes parents, d'apprécier
ce que Dieu me donne. Venant d'un quartier si pauvre, nous étions 5
enfants dans un même lit, je n'ai jamais dormi dans mon propre lit...
et du tout au tout, je me retrouve dans les plus grands hôtels, dans
des limousines. Chaque jour je dis "Shema Yisrael" et remercie Dieu
pour me donner telle opportunité.
Je ne sais ce que j'aurais fait si je n'avais pas cru en Dieu. Son soutient
me donne le pouvoir et l'énergie de continuer à être optimiste,
à sourire, à ne pas être malheureuse. Si les choses ne
vont pas bien, par moment, je ne pleure pas et me dis que c'est peut-être
voulu.
(...) Mes parents ne nous ont jamais poussés à vivre comme eux.
Ils nous ont dit de faire ce qu'on pensait être juste, et de toujours
se souvenir des choses importantes dans la vie."